Le retour

Lever à 4 heures pour rendez-vous à 5 heures avec notre chauffeur, qui doit nous conduire de Tulum à l’aéroport international de Cancun. Nous commençons à sérieusement stresser quand il finit par arriver à 5 heures 25. Deux heures de trajet à vive allure, en doublant à droite ou à gauche, comme c’est de coutume ici… Passage au bureau de l’émigration pour payer la taxe : heureusement pas de queue. Check in, change (la banque vient juste d’ouvrir), petit déjeuner avec notre lunch box, et nous parvenons finalement bien à temps au contrôle et à notre porte d’embarquement.

Dans l’avion, bien que le jour soit levé, nous sommes plongés directement dans le noir jusqu’à Istanbul, où nous parvenons environ 12 heures plus tard, vers 6 heures du matin, après avoir visionné 2 films et fait des jeux, mais sans avoir dormi. Encore 3 heures 50 de vol pour arriver à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle et c’est là que nous craignons que la galère ne commence. Avec la grève très suivie, aucun train pour la gare de Lyon et bus aléatoires, potentiellement pleins après les arrêts précédents aux autres terminaux… Après plus d’une heure d’attente dans un courant d’air glacial qui nous tétanise, miracle : un bus avec de nombreuses places. Gare de Lyon, à côté de la borne, un aimable préposé nous trouve 2 places dans un TGV partant peu après le nôtre, supprimé. En fait les trains restants indiqués comme complets sur le site internet, ne le sont pas forcément, mais il est n’est pas possible de réserver en ligne et c’est seulement sur place qu’une solution peut éventuellement être trouvée. Nous nous en tirons finalement beaucoup mieux qu’à l’aller et il ne nous reste plus qu’à contacter notre gentil chauffeur de notre arrivée. Nous allons pouvoir passer une bonne nuit dans notre lit à la maison…

A bientôt pour une autre aventure (fin février en Inde pour 2 mois). Bise.

Coba et Tulum

Si des traces de peuplement existent dès le 1er siècle avant JC, c’est entre 200 et 600 que Coba prit son essor, étendit son contrôle territorial et développa ses voies de communications, devenant la cité maya la plus importante du nord du Yucatan. La plupart des monuments furent construits entre 500 et 900. La population dépassa les 50000 habitants. Coba doit sans doute son existence aux 5 lacs qui l’entourent. Elle sut établir des alliances, en particulier avec Tikal et Calakmul, mais était la rivale de Chichen Itza. Elle perdit un peu de son importance jusque vers 1200, puis connut un nouvel essor entre 1200 et 1450. Par contre elle était déjà en ruine à l’arrivée des conquistadors.

Le groupe Coba est presqu’exclusivement résidentiel. On y trouve aussi un jeu de pelote avec des gravures de prisonniers et un temple de 25 mètres de hauteur.

La xaibé, de forme semi-circulaire, serait un monument commémoratif à la croisée des routes.

Le temple de Nohoch Mul, qui atteint une hauteur de 42 mètres, représentait le pouvoir sacré des dignitaires et servait de tombeau aux dirigeants. De son sommet, belle vue sur la jungle ponctuée de quelques vestiges.

Le conjunto Pinturas (édifices les plus récents) a été dénommé ainsi en raison de quelques restes de peinture polychrome.

Le groupe Macanxoc, un peu perdu dans la végétation, avait vocation cérémonielle et funéraire. Des stèles commémorent les étapes du calendrier maya.

Coba utilisait Tulum, notre dernière étape au Mexique, comme port de pêche et de commerce, dont la fondation remonterait à 564. La plupart des édifices sont de la période postclassique tardive, période où Tulum, l’ancienne Zama, eut un rôle majeur. Elle était en fait une ville fortifiée en haut de falaises entourée côté terre d’épaisses et hautes murailles. Elle semblait dédiée au culte du Dieu Plongeur. Elle fut abandonnée au cours du XVIème siècle.

Les ruines, si elles ne  sont  pas spectaculaires (en particulier pas d’édifices surprenant par leur taille) se situent sur un promontoire rocheux dominant la mer turquoise des Caraïbes dans un grand jardin bien aménagé. On pénétrait dans la ville par de fausses voûtes perçant une muraille de 6 mètres d’épaisseur et 4 mètres de hauteur, qui protégeait l’enceinte abritant les édifices à caractère politique, administratif et religieux.

Accolée à la muraille, la Casa del Cenote protégeait le cénote situé au nord-est du site et possédait un escalier qui donnait accès à cette source d’eau pour la cité.

Le Templo del Dios del Viento domine le site.

Le regard se portant encore plus haut :

Le Palacio del Gran Senior:

Quelques habitants du site:

Le Templo del Dios Descendente portait des représentations de diverses divinités dont un dieu ailé descendant du ciel (peut-être le dieu des abeilles et du miel).

Le Castillo était un édifice religieux, surélevé à 3 reprises. Les Mayas avaient coutume de célébrer chaque fin de cycle (tous les 52 ans) : extinction des feux pendant 5 jours, annulation des dettes, nouvelles constructions (en général sur de précédents édifices).

En contrebas du Castillo, un escalier donne accès à un belle petite plage.

Le Templo de las Pinturas (à droite sur la photo ci-dessous) est le mieux conservé mais on ne peut accéder aux fresques intérieures, qui représenteraient des êtres surnaturels de l’Inframonde, ni aux peintures murales à prédominance de bleu foncé et blanc. Les fresques extérieures sont peu visibles.

En face (à gauche sur la photo ci-dessus), maison du Chultum (du nom d’une excavation destinée au stockage) était la résidence d’un haut fonctionnaire.

La Casa de las Columnas comporte de petites fenêtres qui étaient pourvues de rideaux comme en attestent encore des anneaux à l’intérieur.

Le Gran Palacio:

Vue d’ensemble:

Encore quelques habitants, coatis très sociables :

A L’hôtel:

Petite journée de récupération avant le départ avec quelques emplettes en ville (pas vraiment d’attrait),

baignade dans une eau claire et chaude,

et bon repas sur la terrasse:

Bise

Chichen Itza et Valladolid

Nous arrivons à Chichen Itza à l’ouverture du site de façon à éviter le gros de la chaleur et de la foule.  Sur ce site, élu en 2007 comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde, affluent plus de 8000 visiteurs par jour. La présence de 5 cénotes (dues a la dissolution et à l’effondrement de terrains calcaires au-dessus de grottes ou de rivières et remplies d’eau) a sans doute favorisé son implantation. A noter que l’impact de l’énorme météorite responsable du cratère de Chixulub et peut-être de l’extinction des dynosaures a sans doute provoqué des failles pouvant favoriser les cénotes du Yucatan. La cité aurait été fondée aux environs de 500 par la tribu maya des Itza venue du sud. Elle connut une première période d’essor entre les VIIème et IXème siècles et, après une période de déclin, atteignit son apogée entre 750 et 1200 avec l’arrivée des Toltèques dont la culture fut intégrée. Suite probablement à une période de conflits, elle fut ensuite abandonnée et ne comptait plus que quelques habitants au moment de la conquête espagnole.

Nous abordons d’abord la zone nord de style maya-toltèque et sommes d’entrée saisis par l’impressionnante Piramide de Kukulkan, ses 9 terrasses (comme les 9 niveaux de l’Inframonde) ,surmontées d’un temple et, de part et d’autre des escaliers, ses serpents gueule ouverte : c’est le dieu Kukulkan (ou Serpent à Plumes) dont le corps semble onduler au moment précis des équinoxes de printemps et d’automne, du fait de l’orientation de la construction et de l’ombre portée du soleil. Les contreforts un peu inclinés des terrasses signent l’influence toltèque. Repos pour nos jambes: on ne peut y accéder suite à plusieurs chutes mortelles. (91 marches x 4 faces) + 1 marche au sommet =  365 jours de l’année. C’est peut-être une équation peu orthodoxe pour un prof de maths…. A l’intérieur, la crypte contenant un chac-mol et un jaguar aux tâches et aux yeux de jade ne se visite plus.

A Chichen Itza on dénombre pas moins de 13 jeux de pelote dont le plus grand de Meso-Amérique. Là s’affrontaient l’équipe de l’Inframonde (symbolisés par des jaguars) et l’équipe de la lumière (symbolisée par les aigles) avec une balle en caoutchouc. Les guides donnent ici une version un peu différente de celle de Copan : le capitaine de l’équipe gagnante tranchait la tête du capitaine de l’équipe perdante et le sang répandu sur le sol le fertiliserait pour de meilleures récoltes. Ces sacrifices sont représentés sur les grandes fresques des bas-reliefs, ainsi que des joueurs batte en main, la balle étant ornée d’un crâne humain.

La tête était ensuite empalée et portée vers le Tzompantli (mur des crânes) à proximité. Je crains que ce mur nous hante et nous fasse faire des cauchemars!

Les fresques du Templo Inferior de los Jaguares, accolé au jeu de pelote, auraient trait à l’histoire de la création du site.

Le  Templo de las Aguilas y de los Jaguares:

La Plataforma de Venus où ondulent des serpents et où Quetzalcoatl sort de la bouche d’un serpent.

Cenote de los Sacrificios, lieu d’offrandes et de sacrifices humains, en particulier d’enfants semble-t-il.

Templo de las Grandes Mesas:

Le Grupo de las Mil Columnas y Templo de los Guerreros: regardez bien. Des guerriers sont représentés sur les colonnes, certains ayant les mains nouées (çà, nous n’avons pas pu le discerner…): ce sont des prisonniers guerriers ennemis qui vont être sacrifiés sur le chac-mol en haut du temple.

La zone centrale est de style purement maya.

La Tumba del Grande Sacerdote, orné de têtes de dragons, était en fait un lieu de culte:

 

Les 3 fenêtres de la coupole de l’Observatorio El Caracol permettaient aux prêtres d’observer Vénus (attribuée au dieu Kukulkan), l’étoile polaire et les solstices.

Celui-ci est vrai!

La Casa Colorada, de style Puuc, était de couleur rouge et avait une fonction religieuse et publique.

La Iglesia est agrémentée de frises du dieu Chac et de niches avec d’un côté un tatou et un escargot, de l’autre une tortue et un crabe.

A côté, l’Edificio de las Monjas, sans doute résidence de hauts personnages, a souffert de l’intervention d’un archéologue usant de dynamite… Au-dessus de la porte, on pense qu’il s’agit d’un grand prêtre pieds et mains croisés.

Maintenant, un saut à l’époque coloniale: l’église et le couvent Santo Domingo, oeuvre des franciscains (1646) a été incendiée au XIXème siècle, puis réhabilitée.

Le Palacio Municipal, en face, a aussi la couleur de la passion du Christ…

Nous poursuivons avec la visite de Valladolid, charmante ville qui fut l’une des premières colonies espagnoles du Yucatan.

Son zocalo dominé par les tours de sa cathédrale:

Ses rues aux façades colorées:

Le convento y iglesia San Berdardino de Siena (1552):

On passe par une grotte pour accéder à la cénote Zaci: les gens d’ici aiment se baigner dans ses eaux d’un vert profond.

Ce soir, mauvaise nouvelle: comme la plupart des trains, le nôtre au départ de Paris est annulé et je crains que nous galérions autant au retour que pour notre départ…

Bise.

Mayapan et Izamal

Depuis 2-3 jours, s’il fait toujours très chaud dans la journée pour escalader les pyramides, surtout sur les versants exposés au soleil, les soirées et les nuits sont très fraîches.

Guère plus d’une heure 1/2 de route jusqu’à Mayapan. Nous passons devant une vieille hacienda abandonnée et une église proche.

Mayapan fut la grande capitale maya de la période postclassique (1200-1440). Elle aurait été fondée par des seigneurs de plusieurs villes qui se seraient révoltés contre Chichen Itza. Sa population atteignait environ 12000 personnes. En 1441, une autre révolte éclate, fomentée par une puissante famille de Xiu, d’où la mort de nombreux membres de la famille dirigeante de Mayapan. La ville est incendiée et abandonnée.

Le site est peu fréquenté. Les édifices subsistant sont disséminés sur une pelouse bien tondue.

Sur la Plaza Central se trouvaient les édifices publics, administratifs et religieux ainsi que les résidences des gouvernants.

Le Templo de los Nichos Pintados:

et autres temples et autels (de la Mascara, de los Guerreros…):

 

Quelques fresques et bas-reliefs:

Un édifice rond avait fonction d’observatoire.

L’édifice principal est le Castillo de Kukulkan, petit frère de celui de Chichen-Itza, que l’on peut gravir pour avoir une vue sur le site.

Une petite cénote avec des bananiers:

Nous décidons de faire un petit crochet par Izamal, charmante ville coloniale toute jaune et blanche. Elle possède 2 pyramides dont l’une des plus grosses de Méso-Amérique de par son volume, qu’on retrouve sur les armoiries de la ville mais que nous renonçons à aller voir. Le Convento de San Antonio de Padua, construit par les Franciscains entre 1553 et 1562, domine le zocalo, déjà evahi de « cocinetas » en prévision de la célébration de la Vierge d’Izamal, qui a lieu les 7 et 8 décembre, et que l’on s’active à préparer.

Son atrium à arcades est très vaste : seul le Vatican dépasse ses dimensions.

L’église est pleine de monde et de chants.

Un petit tour au marché pour terminer:

Bise.

Edzna et Uxmal

Salut à tous! Toujours fidèles? Pas assez des vieilles pierres?

Nous roulons sur une route presque déserte de l’état de Campeche. Pas de villages. Quelquefois au loin une hacienda. Nous sommes dans une région de grands propriétaires terriens. Des prés et des vaches, rares moutons. également des cultures de maïs, de cannes à sucre, des papayers. On pratique l’écobuage. Là un camion est chargé de sacs de pommes de terre.

 

J’ai eu un faible pour le site d’Edzna. Là, plus de moustiques que de touristes. La partie centrale a seule été dégagée mais est bien restaurée et entretenue. Edzna, fondée autour de 600 avant Jésus-Christ, aurait connu son apogée à la période classique tardive (600-900 après JC). Elle avait constitué un système complexe de captage et distribution de l’eau pluviale. Son architecture a subi diverses influences. On arrive directement sur la place principale.

L’Edificio de los Cinco Pisos, surmonté d’un temple, d’une hauteur de 31,5 mètres, de style Peten, servait d’habitation aux prêtres. Des hiéroglyphes sont bien visibles sur les marches basses.

Il est possible de monter à la grande acropole:

La Nohochna, longue de 135 mètres, dont les espaces intérieurs suggèrent un usage administratif:

Le jeu de pelote :

La petite acropole est plus ancienne et de style Puuc:

Le Templo de los Mascarones est orné de 2 masques représentant le Dieu Soleil à l’aube et au couchant.

Nous reprenons la route pour Uxmal. Quelques maisons typiques:

Notre hôtel est juste en face du site et nous décidons de nous y rendre en cette fin de journée. L’histoire d’Uxmal est mal connue. Elle serait liée au groupe maya des Xiu, venu du sud. Son apogée se situe entre 800 et 950. Seul un des ses souverains, Seigneur Chac, a été identifié, a qui l’on doit certains des plus grands monuments, de style Puuc.

Dès l’entrée, nous sommes impressionnés par la Piramide del Adivinio (sans doute fin du VIème). Sa particularité, outre sa hauteur de 35 mètres, est d’être un mélange de styles (Chenes et Puuc) et surtout d’avoir une forme elliptique, unique au Mexique.

Le Cuadrangulo de las Monjas (nom donné par les Espagnols) est formé de 4 édifices de style Puuc, différant par leur forme et leur décoration (frises, masques du Dieu Chac, serpents à plumes, guerriers). Sans doute bâtiments résidentiels et administratifs.

En haut d’une énorme terrasse, le Palacio du Gobernador, du Xème siècle, un chef-d’oeuvre de l’architecture Puuc en particulier de par ses proportions, ses frises sculptées et masques du Dieu Chac. Du haut, belle vue sur le site.

Le Trono del Jaguar:

Il est possible de grimper sur le côté dégagé de la Gran Piramide (32 mètres, de style Chenes), ce qui permet d’avoir une vue sur le site. Au sommet, un temple dont la frise est orné d’aras et de masques de Chac.

La Casa de las Palomas devait être un palais ou un ensemble résidentiel:

Le juego de pelota :

La Casa de las Tortugas:

Des iguanes se prélassent au soleil:

Bise.

Volcan de los Murceliagos et Calakmul

Le trajet jusqu’à Xpujil sur une route droite et monotone est propice à l’endormissement. Encore de grandes plantations de palmiers africains avant de retrouver la forêt vierge où se trouve notre écolodge (difficultés de connexion internet).

A 17h15, dès que le soleil se cache, pendant 15 minutes, nous assistons à un spectacle surprenant : d’un aven profond de 40 mètres, aux relents suggestifs, surgissent des millions de chauves-souris qui sortent chercher leur nourriture dans un nuage à la fois silencieux et frémissant de millions d’ailes rapides et tourbillonnantes, impossible à saisir sur mon appareil photo. C’est ce que l’on a dénommé « le Volcan des Chauves-Souris ».

La zone archéologique de Calakmul se situe au sein d’une réserve naturelle inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y accède depuis la route principale en 1h30 par une voie étroite qui devient une piste. Des centaines d’espèces d’oiseaux et de papillons, des singes, des serpents, des agoutis, des pécaris, des cervidés, des fourmiliers, des tapirs, des pumas, des ocelots, des margays, des jaguarondis, des oncilles, des jaguars (qui, d’après Noé, aiment particulièrement les touristes français) : mais nous nous n’avons vu que des dindons, un pécari, des singes araignées et un toucan…

Calamul est l’une des plus anciennes et des plus puissantes cités mayas pendant la plus grande partie de la période classique, avec une population qui atteignait plus de 50000 personnes. Son glyphe emblème est une tête de serpent (Kaan). Elle contrôlait un secteur étendu et était la rivale de Tikal. Sa dynastie, dont on trouve des traces à partir du Vème siècle, semble issue d’El Mirador. Son souverain « Contemplateur du Ciel » a eu un rôle capital en remportant une victoire décisive sur Tikal en 562. Serpent-Boucle vainquit la reine de Palenque en 599. Yuknoom-Tête conquit Naranjo en 631. La plupart des constructions du site ont été réalisées sous le règne de Yuknoom Ch’enn II qui a marqué son apogée au VIIème siècle. Patte du Jaguar qui Fume a subi une défaite catastrophique contre Tikal en 695. Il semble par la suite qu’il y ait eu alliance avec Quirigua. Calakmul aurait été abandonnée au Xème siècle. Maintenant, c’est la forêt qui est reine.

Le Grupo Noreste :

La structure XIII du Gran Acropolis, ancien lieu de résidence de l’élite et d’espaces cérémoniels, où la végétation a repris ses droits:

On trouve de nombreuses stèles dans la végétation, mais mal conservées. La structure XV:

Sur la Gran Plaza, 2 pyramides se font face. D’un côté la structure VII, qui atteint 25 mètres (on y grimpe).

De l’autre la structure II, de plus de 45 mètres, une des plus hautes de la civilisation maya (on y grimpe aussi!).

Strucrure IV :

Structure VI :

Minimusée:

Bise.

 

Palenque

A l’entrée du site, nous sommes sollicités par des vendeurs de répulsif antimoustiques et de flèches, également destinées à tuer les moustiques d’après un indigène portant la longue tunique blanche traditionnelle des Lacandons. D’origine maya-yucathèque, ces «Vrais Hommes », comme ils se dénomment, auraient traversé le rio Usumacinta pour échapper à la colonisation. Ils étaient semi-nomades, vivant de chasse à l’arc et de cueillette, et sont maintenant à peine un millier, regroupés sur 3 sites où ils ont été confinés, à tenter de préserver leur forêt et ses vestiges (Bonampak, Yaxchilan).

Entre les montagnes du nord du Chiapas et la plaine qui s’étend jusqu’à la baie de Campeche, le site archéologique de Palenque est remarquable et de ce fait très fréquenté par les touristes. La cité commença à se développer à partir de 300 mais elle prospéra surtout entre 600 et 700 avec le long règne du roi Pacal, dont le fils Jaguar-Serpent poursuivit l’oeuvre, avant de décliner et de disparaître pour des raisons mal définies à la fin du Xème siècle.

Seulement une petite partie du site a été dégagée de la forêt tropicale.

Templo XIII et Tumba de la Reina Roja :

Son masque en malachite est présenté au musée :

Le Templo de los Inscripciones, pyramide de 22,80 mètres adossée à la colline, doit son nom aux glyphes décorant ses murs et relatant la vie et la mort de Pacal II et l’intronisation de ses prédécesseurs et de son fils. Un escalier secret à l’intérieur de l’édifice conduisait au tombeau du roi Pacal. On peut en voir une reconstitution au musée.

Le Palacio était en fait le lieu des cérémonies religieuses du roi et des prêtres. Une tour (restaurée) servait à l’observation des astres. Subsistent de beaux bas-reliefs et un labyrinthe sous-terrain qui renfermait des sarcophages.

Le Templo del Sol abrite un autel évoquant la montée sur le trône de Serpent-Jaguar II en 684 (mais oui, regardez bien…).

Le Templo XIV contient un tablero représentant Serpent-Jaguar II après sa mort effectuant une danse devant sa mère agenouillée lui tendant une statuette divine.

Du haut du Templo de la Cruz, on découvre une belle vue sur le site. A l’intérieur un bas-relief commémore le couronnement de Serpent-Jaguar II (là aussi difficile à discerner…).

Le Templo de la Cruz Foliada est dédié au dieu du Maïs et de l’Agriculture.

Le Grupo Norte :

Le Templo del Conde, à l’architecture typique de Palenque, est l’un des plus anciens du site (on peut y monter):

Nous poursuivons vers la sortie par une petite promenade romantique parmi cascades et ruines (Grupo B et Templo de los Murcielagos):

A bientôt. Bise.

Tonina et Agua Azul

Nous sommes revenus dans le Chiapas, à guère plus de 200 km de San Cristobal de las Casas où nous nous trouvions les 12 et 13 novembre. Cette région est peuplée de nombreuses communautés indigènes (Tzotziles, Tzeltales, Chols et Zoques). La route sinueuse vers le sud que nous empruntons aujourd’hui dans la montagne pour nous rendre à Tonina est peu sûre : barrages fréquents des populations manifestant contre le gouvernement (parfois sur plusieurs jours comme ce fut le cas début 2018 mais heureusement pas hier pour Noe) et bandits de grands chemins arrêtant cars ou voitures. Les cars qui circulent tôt le matin sont escortés par la police. Noe, qui est né dans cette région où vit sa mère, nous dit que nous devons tracer… Ici 9 % de la population parle différents dialectes mayas. Depuis les accords de San Andrès en 1996, le calme n’est pas revenu entre les forces gouvernementales et l’EZLN (Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional). Seuls quelques villages sont en rupture avec l’état et sont autogérés par l’EZLN, mais les zapatistes n’ont pas obtenu l’autonomie revendiquée. L’église n’a pas non plus pu jouer ici son rôle d’évangélisation. C’est le chaman et le conseil des anciens qui ont un grand rôle dans l’organisation sociale des ces communautés. Les maisons des villages que nous traversons sont très petites, en moellons, quelquefois en bois, avec des toits de tôle. Les 3/4 des habitants du Chiapas sont considérés comme pauvres ou très pauvres, vivotant d’une agriculture de subsistance, de petits boulots dans les plantations de café ou de cannes à sucre ou bien récupérant le chicle. Malnutrition et illettrisme sévissent. Des slogans sont tagués sur des murs bordant la route.

Tonina nous a séduits : peu de touristes dans cette région un peu reculée et surtout particularité de ce site tout en verticalité, dans un bel environnement de collines et de prés. Le peuple guerrier de Tonina était en rivalité avec Palenque et n’hésitait pas à enlever, rançonner et décapiter les dignitaires des peuples voisins. Elle connue son apogée entre 600 et 900, époque où y vivaient environ 3000 personnes.

Après l’inévitable jeu de pelote, depuis la plaza, le centre cérémoniel, dont n’apparaît pourtant que la partie centrale, est imposant, avec ses sept niveaux.

 Cette fois, nous avons prévu la frontale pour parcourir le labyrinthe du Palacio del Inframundo.

Au-dessus, le Palacio de Kukulkan regroupait le quartier des notables, des bâtiments administratifs, et des magasins et le lieu des captifs célestes dans l’attente de leur sacrifice. On y trouve quelques bas-reliefs.

Les banos mayas :

Dans le Palacio Celestial, le Mural de las Cuatro Eras représente des scènes plutôt effrayantes.

L’Altar del Monstruo de la Tierra:

Ensuite, il faut s’armer de courage pour monter jusqu’au sommet du Templo del Espejo Humeante, que nous montons, fous que nous sommes, du côté le plus pentu où les marches sont particulièrement étroites. En arrivant en haut (à 4 pattes), je me demande comment on va pourvoir redescendre quand Antoine m’annonce qu’en fait sur l’autre face, les marches sont plus larges et qu’on peut faire plus facilement des paliers. C’est par là effectivement que montent les personnes sensées…

Au retour, arrêt fraîcheur à Aqua Azul avec une succession de chutes et de bassins d’eau claire.

Nous avons droit à une petite soirée folklorique à l’hôtel.

Bise.

Sur le rio Usumacinta

Lever à 3 heures du matin pour un départ à 4 en vue d’arriver tôt au rio Usumacinta qui marque la frontière avec le Mexique.

Après 1h30 de route asphaltée et 2h30 de piste, Manuel stoppe devant un bâtiment totalement isolé : c’est la douane guatémaltèque. Un petit coup de tampon et peu après nous nous arrêtons à côté d’une maison au-dessus du rio. Apparemment, nous sommes en avance (8 heures) et nous en profitons pour prendre le petit déjeuner remis par notre hôtel de Flores. Il semble que Noe, notre nouveau chauffeur au Mexique, devrait arriver à Corrozal, village côté mexicain, à 9 heures (ou 10 ?). Manuel ne parvient pas à le joindre. Il nous propose de prendre la lancha et d’attendre Noe à Corrozal. Prudents, nous préférerions être sûrs qu’il nous attende et décidons de patienter avant d’embarquer. De l’autre côté du rio, rien que la forêt. Corrozal est plus en aval.

Bon, toujours aucune nouvelle de Noe. Nous finissons par accepter de partir avec l’assurance de Manuel que le capitaine de la lancha nous accompagnera jusqu’à l’arrivée de Noe.

Je ne suis qu’à moitié rassurée. La lancha louvoie quelquefois assez brusquement entre des zones de turbulences, de bas-fond ou de rochers. Et Antoine de dire: « Là je crois qu’on va aborder des rapides…! » Il exagère vraiment un peu. Nous accostons au bout de 20-25 minutes qui, je l’avoue, m’ont parues longues. Nous grimpons sur la rive, Antoine brandit son patronyme, mais pas de Noe. Craignant de le manquer nous attendons patiemment mais aussi anxieusement pendant 1 heure avant de nous décider à aller au bureau de l’immigration. Problème : la préposée nous explique qu’elle ne peut percevoir la taxe due en cas de séjour de plus de 7 jours. Ce sera peut-être possible à Cancun mais il faut compter 2 heures en plus des 2 ou 3 heures pour le check-in. Or nous partons le matin de Tulum et notre vol est à 10 heures… Nous sommes perplexes et décidons qu’il vaudra mieux revenir avec Noe. Nouvelle attente toujours avec notre capitaine, quand une femme vient nous dire que Noe est bloqué par un barrage sur la route. Nous devons porter nos bagages dans un hôtel tout proche d’où partent les lanchas pour Yaxchilan, dont la visite est effectivement programmée ce jour.

Donc, sans être en règle avec les autorités mexicaines, nous descendons le fleuve pendant une quarantaine de minutes.

L’ancienne Pa’chan est perdue dans la jungle et un peu à l’écart du tourisme de masse. Elle n’était qu’une cité mineure lorsque le fondateur d’une longue dynastie vint au pouvoir en 320. Il semble qu’elle ait été en conflit avec Piedras Negras, avec Tikal et surtout avec Palenque. Elle atteignit son apogée aux VIIème et VIIIème siècles avec Bouclier-Jaguar et Oiseau-Jaguar. Elle est surtout connue pour son grand nombre de sculptures et d’inscriptions (stèles, bas-reliefs, linteaux…).

Nous regrettons de ne pas avoir pris notre frontale pour traverser le labyrinthe de l’édifice 19 qui, sortant de l’Inframonde, nous donne accès à la Gran Plaza, près du fleuve. 

Quelque édifices porteurs de linteaux sculptés (peu visibles…):

Le traditionnel jeu de pelote:

Sur la stèle 1, il faut beaucoup d’imagination pour parvenir à voir Oiseau-Jaguar en train de s’autosacrifier en se perçant les mains avec des arêtes de raie!

La Gran Acropolis est à flanc de colline.

La stèle 11 montre la transmission de pouvoir entre Bouclier-Jaguar I et Oiseau-Jaguar IV:

Les édifices 21, 73, et 89 conservent des fresques.

L’escalier de la Gran Acropolis nous permet d’accéder à l’édifice 33, le mieux conservé de ce site:

Il conserve des bas-reliefs représentant des scènes de jeu de pelote, et à l’intérieur une statut d’Oiseau-Jaguar décapitée ainsi que sa tête au sol qu’il ne faut surtout pas remettre en place car les jaguars viendraient sur terre dévorer tous les vivants.

Les templos del Sur:

Par un sentier accidenté, on accède à la Pequena Acropolis:

Cette balade nous a fait oublier nos préoccupations,

et, à notre retour, nous retrouvons nos bagages et Noe. Il nous accompagne à l’immigration et nous repartons avec nos passeports tamponnés et notre document à rendre à la sortie du territoire. La nuit tombe quand nous arrivons à Palenque.

Bise.

Yaxha

Revenant sur nos pas en direction du Mexique, nous avons prévu, pour changer un peu des vieilles pierres, de nous rendre à l’association Bioitza. Elle a pour but, au sein d’un village tranquille et authentique, de préserver la culture Itza par le biais d’activités variées dont la découverte de la faune et de la flore. Manque de chance : la présence d’une délégation universitaire rend impossible cette visite aujourd’hui… Nous optons donc pour Yaxha, site situé à l’est de Tikal sur la route du Bélize, et sans doute moins fréquenté par les cars de touristes.

La cité connut son apogée entre 300 et 950 après JC. Son histoire semble liée à celle de Naranjo. Une reine de Yaxha aurait épousé Batab Fumant, souverain de Naranjo. C’est le troisième site du Guatemala par sa taille et nous allons essayer de ne pas nous perdre. Heureusement, contrairement à El Ceibal, nous trouvons des panneaux indicateurs.

Nous empruntons la calzada de las Canteras et trouvons d’abord le complejo astronomico menor:

La Piramide de los Sacrificios est dans la végétation:

Nous avons du mal à entrevoir les singes qui font bouger les branches tout en haut des grands arbres.

Un petit renard gris fait une fugace apparition:

Sur la Plaza del Sol Poniente, un escalier permet d’accéder au sommet du Complejo astronomico mayor, d’où l’on a une vue sur le lac Yaxha et sur d’autres structures émergeant de la jungle:

Quasiment seuls avec les singes, nous poursuivons

en direction de l’acropole nord:

Plaza de las Sombras:

Plaza de los Pajaros:

Nous nous rapprochons de plus en plus des cris impressionnants des singes hurleurs en parvenant au grupo Maler. Là on peut accéder au sommet de la piramido este:

Demain, nous quittons Manuel et le Guatemala.

Bise.