Copan

Nous sommes accueillis sur le site archéologique par des guacamayas, oiseaux emblématiques du Honduras, comme l’est le quetzal pour le Guatemala,

par un agouti et un dindon:

Située à l’extrême sud du monde maya, Copan doit sans doute à son climat tempéré et plus sec d’avoir conservé en particulier de magnifiques stèles.

L’ancienne Xukpi aurait été créée par des Olmèques, attirés par des gisements de jade, mais on trouve des traces de peuplement antérieurs dès le XIIème siècle avant JC. Puis arrivèrent les Mayas, grands astronomes et concepteurs d’un système de datation élaboré. En 426, K’inich Yax K’uk Mo’ fut le premier d’une longue dynastie. Il semble exister des liens entre Copan et Teotihuacan. C’est au VIIème siècle avec Jaguar de Fumée et 18-Lapin que Copan devint une des cités les plus prospères du monde maya. En 738, la capture et décapitation du roi de Copan par le roi de Quirigua marque le début de la décadence. Le pouvoir des « divins seigneurs », capables de communiquer avec l’Inframonde (certes à l’aide de champignons hallucinogènes, en entrant dans la gueule de ce serpent dont on voit surtout les crochets)

 

et avec les dieux, a dû alors en prendre un coup. La surpopulation et l’appauvrissement des sols seraient à l’origine de la chute de Copan.

Belle vue depuis le temple 11 édifié par Yax-Pac, dernier roi de Copan, vers le jeu de pelote et la Gran Plaza:

Curieuse tête de Pauahtun au coin nord-est du temple:

Le temple 16 est le temple pyramide le plus élevé de Copan, sous lequel a été découvert le temple Rosalila dont on trouve la reconstitution dans le musée.

Au pied du temple 16, les bas-reliefs de l’autel Q montre les 16 souverains d’une même dynastie. Sur l’une des faces, le fondateur de la dynastie transmet l’insigne du pouvoir à Yax Pasaj (775). Les restes de 15 jaguars sacrifiés (animaux associés à la royauté et à l’Inframonde) ont été retrouvés dans une crypte à proximité.

La tombe de Yax Pasaj a été découverte (pillée) dans le temple 18.

Depuis ce temple, vue sur la zone résidentielle des dignitaires: :

Montagnes environnantes:

Sur la Plaza de los Jaguares, réservée à l’élite, les cavités rondes des superbes jaguars étaient remplies d’obsidienne.

Le Popol Nah, édifice public où se réunissait le conseil royal:

L’acropole :

L’escalier hiéroglyphique compte 64 marches ornées chacune de 2500 glyphes racontant la dynastie des rois de Copan.

Le traditionnel jeu de pelote portait ci des têtes de perroquets, comme on peut le voir sur la reconstitution du musée. Subsiste une partie des vestiaires. S’y affrontaient monde terrestre et monde inférieur. Le gagnant obtenait l’insigne honneur d’être sacrifié et de pouvoir ainsi continuer en Enfer à se battre contre les forces du mal.

Sur la Gran Plaza se dressent de superbes stèles, taillées dans le tuf volcanique, la plupart représentant 18-Lapin. La stèle C (711) le représente jeune sur une face, vieux sur l’autre. La stèle A et la stèle B (où il incarne le dieu Chac) sont de 731, la stèle D de 736, la stèle H (où il incarne le dieu du maïs) de 730, la stèle F de 721.

 

Sur la stèle 4 avaient lieu les sacrifices:

Et encore quelques photos:

 

Dans la foulée, nous repassons la frontière pour revenir à Rio Dulce.

Bise

Quirigua

Direction sud, nous faisons un arrêt à Quirigua, dans la vallée du Motagua, au milieu d’immenses bananeraies (propriétés d’une énorme société américaine).

Ce site maya, de modeste dimension, situé sur la route commerciale entre les gisements d’obsidienne et de jade et la mer des Caraïbes, a une histoire mal connue. On trouve trace d’un premier roi en 426, puis d’un nouveau roi en 724, K’ak Tiliw, sous l’égide du souverain de Copan. K’ak Tiliw semble s’allier à Calakmul et en 738 s’empare du roi de Copan et le décapite. L’indépendance de Quirigua coïncide avec l’érection des monuments qu’on peut admirer de nos jours. La cité n’a pas compté plus de 2000 habitants. Le dernier roi connu est Jade-Ciel, mais on ne sait comment s’est éteinte cette cité au cours du IXème siècle.

Ce sont les stèles en grès sculpté, les autels et les zoomorphes, mis en valeur sur un espace engazonné remarquablement entretenu, qui font la réputation de ce site.

K’ak Tiliw voulait surpasser les stèles de Copan et en érigea d’une dimension impressionnante. La stèle E (de 771) en particulier est la plus haute du monde maya (10,60 m).

La stèle D (de 766) est particulièrement bien conservée. Sur ses côtés des glyphes remplacés par des corps complets de divinités ou d’animaux.

La stèle F (de 761), penchée par un ouragan, représente aussi un dignitaire sur la face principale et des glyphes sur les côtés.

La stèle C relate la création du monde avec sa datation.

La stèle J (756) représente un quetzal et ferait allusion à la décapitation du roi de Copan.

La stèle B (780)  est un zoomorphe, monument de type nouveau édifié par K’ak Tiliw à la fin de son règne.

Le roi suivant  fit érigé le zoomorphe G (785) en forme de crapaud, le zoomorphe P (795), commémorant l’inauguration du temple situé derrière et représentant une personne sacrifiée portant le masque du dieu Chac.

Le dernier souverain connu Jade Ciel revient à l’érection de stèles mais plus petites. La stèle K (805) est la dernière avant la décadence de la cité.

Nous reprenons la route avec vues sur la Sierra de las Minas, et franchissons la frontière avec le Honduras sans difficulté particulière. Là le climat est moins chaud et surtout plus sec.

Notre hôtel à Copan donne directement sur le Parque Central et se trouve en face du Museo regional de Arqueologia maya où nous décidons de nous rendre avant de faire un petit tour dans le village aux rues pavées.

Encensoirs représentant des dignitaires de la dynastie de Copan:

Sculpture de l’escribano:

Joug en pierre que portaient les joueurs de pelote pour corser encore la difficulté:

Crâne aux dents serties de jade:

Stèle ronde représentant des joueurs:

Tombe du jaguar sacré sacrifié:

La place centrale, et au hasard de nos flâneries:

Un ouvrier rentrant de son travail avec une grande scie, qui a bien ri quand je lui ai demandé, geste à l’appui, si c’était pour les touristes…

Bises

Rio Dulce

Les marinas de Rio Dulce abritent de nombreux bateaux, en particulier pendant la période cyclonique car la région est protégée des vents violents par les montagnes alentour. Nous descendons le Rio Dulce, d’abord dans El Golfete où il s’épanouit sur une grande largeur, puis dans une partie plus rétrécie où il paresse à travers une végétation luxuriante en direction de la mer des Caraïbes.

Notre lancha fait une première escale là où un chemin souvent glissant permet d’accéder en 45 minutes à la Cuerva del Tigre, perdue dans la jungle. Prendre un bain au fond de cette grotte sombre ne nous séduit pas vraiment…

En ce lieu sacré pour les indigènes, nous bénéficions, moyennant une petite offrande, d’une cérémonie religieuse avec invocation de la Madre Tierra et rejet des mauvais esprits de notre corps avec un rameau.

Sur notre chemin, une seule maison isolée, bénéficiant toutefois d’une conduite d’eau « potable » et de panneaux solaires. Je n’ai pas le temps de photographier un superbe papillon bleu dont les ailes brillent au soleil. L’association Ak’Tenamit forme des étudiants indigènes de façon à leur permettre d’acquérir un métier, tout en respectant leur identité culturelle, et à éviter ainsi la déforestation.

Dépassant l’embouchure vers le nord, nous croisons San Isidro où se perchent les oiseaux (on le fête mi-mai à Livingstones)

et stopppons à Siete Altares, qui signifie « Sept Autels ». Nous sommes ici en pays Garifuna, peuplé majoritairement de Noirs issus des esclaves importés d’Afrique par les Espagnols et les Anglais qui s’étaient échappés et se sont métissés avec des Amerindiens sur l’île de Saint-Vincent. Finalement soumis par les Anglais, ils furent déportés plusieurs fois : en Jamaïque, puis sur l’île de Roatan, et enfin ils peuplèrent pulsieurs points le long de la côte caribéenne. Ce lieu est sacré pour eux depuis qu’un vierge leur serait apparue. Sept bassins se succèdent, les cascades n’étant toutefois pas très impressionnante car nous sommes maintenant en saison sèche.

Livingstones n’est accessible que par bateau, les habitants ayant refusé que l’on aménage une route. Donc pas de car de touristes. Le village est calme et semble vivre au ralenti, même à la banque devant laquelle s’étire une longue file. On nous fait signe d’entrer devant la queue. Dans le sas, des panneaux d’interdiction : pas d’armes, pas de photos, pas de cigarettes. Un policier nous questionne et nous laisse passer. De nombreuses personnes attendent sur des chaises devant 4 guichets et seulement 2 employées. Nous sommes dirigés vers un autre guichet où nous sortons passeport et dollars (les euros n’étant pas toujours acceptés). Inspection, réinspection et recontrôle de nos dollars. Un de nos billets de 100 dollars est refusé. Nous remplaçons les dollars par des euros qui semblent acceptés. Mais nous devons faire contrôler nos passeports aux autres guichets. Vu l’immobilisme, nous ne serons pas à l’heure au port… Une autre préposée arrive et nous fait signe : long contrôle informatique du passeport et de nouveau au moins huit contrôles de nos billets avec froissement, gommage, étude de transparence, revérification visuelle recto verso de chacun… Ouf! ils ont réussi l’examen de passage et nous retournons en caisse pour le change : nouveaux contrôles… mais enfin çà y est, on nous délivre des quetzals, que nous empochons sans contrôle!

Un peu d’animation au port, où l’on parle garifuna,  mélange de créole, d’anglais, de kekchi et de français, mais dont nous ne comprenons rien.

Nous repartons en passant par un autre bras du fleuve plus encaissé, par la mangrove et par de superbes nénuphars. Une multitude d’oiseaux nichent sur l’Ile aux Oiseaux qui porte bien son nom.

Le pont de Rio Dulce est conçu pour permettre aux voiliers de passer.

Le fort de San Felipe a été construit au XVIIème siècle à l’entrée du Lac d’Izabal afin de protéger la population des pirates venus de la mer des Caraïbes.

A bientôt, si la connexion internet le permet… Bise.

Tikal

Nous découvrons le lac Peten Itza bien embué au petit matin. Ici, ne dirait-on pas un crocodile endormi ?

Nous pénétrons au ralenti dans le Parc National de Tikal 15 km avant l’accès au site qui se trouve au coeur de la jungle. Les Mayas s’installèrent ici au VIIème siècle avant JC. Ils y édifièrent des bâtiments cérémoniels dès 200 avant JC. Par vague, de nouvelles constructions s’ajoutèrent aux anciennes qu’elles agrandissaient, modifiaient ou intégraient. Vers 250 à 900 après JC (époque classique), la cité est un grand centre religieux, exploite obsidienne, jade, hématite, pyrite, commerce avec les régions côtières et des hauts plateaux. D’après les archéologues, Grenouille Fumante, commandité par Hibou Propulseur, roi de la cité rivale de Teotihuacan, aurait assassiné en 378 Grande Patte de Jaguar, 14ème roi de Tikal, et Premier Crocodile, fils de Hibou Propulseur, serait devenu roi de la cité. Agua, roi de Caracol s’empare à son tour de la ville vers 550. Tikal atteint son apogée sous le règne d’Ah Cacao (682-734), qui érige les pyramides de Gran Plaza, dont la verticalité est le particularisme maya. Elle aurait compté jusqu’à 120000 habitants. Le déclin de Tikal vers 900, dont la cause semble attribuée à la surpopulation et à la baisse de la production agricole, coïncide avec l’hégémonie des Toltèques. Ce n’est qu’au XIXème siècle qu’on redécouvre la cité enfouie dans la forêt.

Sur la Gran Plaza, 2 immenses pyramides se font face : celle du temple du Grand Jaguar (45 mètres), sous laquelle a été retrouvée la chambre funéraire d’Ah Cacao, et le Temple des Masques 38 mètres), à laquelle on peut accéder par un escalier de bois pour bénéficier d’une vue d’ensemble sur la place. Au centre de celle-ci se trouve un autel utilisé de nos jours par les mayas pour leurs cérémonies. A côté du premier temple, un petit jeu de balle.

L’acropole nord est un amoncellement de palais et de constructions superposées. S’y trouve un énorme masque de Chac, dieu de la Pluie.

En face, l’acropole central, édifié sous Grande Patte de Jaguar, était destiné aux demeures de la noblesse et aux bâtiments administratifs.

Au sud on accède au palais des Cannelures (période classique tardive) par un étroit tunnel coudé.

Le templo V est l’un des plus anciens (650) et le deuxième le plus élevé du site (57 mètres).

Sur la Plaza de los Siete Templos, de petites pyramides bien alignées servaient aux mesures astronomiques. Plus loin l’acropole sud.

El Mundo Perdido était le centre de la ville sous la dynastie Patte de Jaguar (IIIème-Vème siècles) avec une pyramide de 32 mètres servant d’observatoire astronomique (on découvre depuis son sommet une vue sur la canopée d’où émergent les autres pyramides) et le templo Talud-Tablero, de style architectural apparenté à celui de Teotihuacan.

Le templo IV, 64,60 mètres, érigée en 741 est accessible grâce à un escalier en bois : il y a foule en haut pour admirer la vue sur le site. Il fut la base secrète des rebelles dans le 4ème volet de Star War.

La stèle sculptée du complexe N représentant le roi Ah Cacao et l’autel 5 représentant sans doute Ah Cacao et le roi de Maassal (son beau-père).

Le Palacio de los Murcielagos, dont la particularité rare est d’avoir des fenêtres.

Le templo III (55 mètres), édifié en 810, est bien masqué par la végétation.

Groupe R et groupe Q:

Dans le parc, nous avons entraperçu un agouti, un renard gris, un dindon ocellé et surtout nous avons pu photographier à loisir les coatis qui ne sont pas du tout farouches.

Egalement de magnifiques arbres : le sapotillier dont le bois était utilisé pour les charpentes et dont la résine sert à fabriquer le chicle et surtout le kapok, arbre sacré des Mayas.

Arrivée à notre hôtel en pleine forêt au bord du Rio Dulce.

Demain, journée fluviale… Bise.

El Ceibal ou comment se perdre dans la forêt tropicale

Ce matin Manuel nous a donné rendez-vous à 8 heures alors qu’un départ matinal nous avait été annoncé. En fait nous allons regretter de ne pas nous en être vraiment étonnés.

Après avoir traversé des étendues de plantations de café, des marchés où les villageois des villages alentour commencent à affluer, avoir croisé de nombreux pick up chargés de quinzaines de personnes se rendant au marché (je ne suis pas sûre qu’il faille un permis de transport en commun…),

Manuel nous arrête devant un panneau indiquant les grottes de Candelaria. Pas un chat. Un jeune guide nous conduit effectivement à quelques grottes, mais rien à voir avec les fameuses falaises calcaires et les grottes censées être les plus impressionnantes du Guatemala (nous avons mieux près de chez nous…).

De retour à notre véhicule, il semble que, vu l’heure, nous ne pouvons envisager d’aller découvrir les salles les plus impressionnantes à pied et en tubing… Nous nous sentons vraiment frustrés bien que, pour compenser, nous est proposée la visite de la grotte du Tigre après-demain. Enfin bon, nous reprenons la route vers El Ceibal en gardant le sourire…

Malheureusement le spectacle qui s’offre à nous sur des kilomètres n’est pas réjouissant : la forêt tropicale a été remplacée par des hectares et des hectares de palmiers africains pour produire de l’huile de palme.

Nous sommes maintenant dans le Peten, au coeur du monde Maya, qui s’étend aussi vers le Mexique et le Bélize. Nous empruntons une piste en bon état pour finir d’arriver à El Ceibal. Ce site fut conquis par Dos Pilas en 735 et connut son apogée au IXème siècle avec l’arrivée de marchands-guerriers venus du Chiapas mexicain. Il a été abandonné et livré à la jungle peut après 9OO. Là aussi, pas un chat, pas un guide. On nous montre simplement une maquette à l’entrée du site, attestant de son immensité et difficilement exploitable car notre localisation n’est pas indiquée. On nous dit qu’il suffit simplement de suivre le sentier. Effectivement, nous parvenons assez vite à un temple carré entouré de stèles.

Nous poursuivons mais sommes confrontés à  à une première bifurcation, puis à une deuxième… Le hasard va-t-il bien faire les choses? Nous continuons à marcher, mais rien que le vacarme des singes hurleurs sautant de branche en branche à la cime des arbres, des nuées de moustiques, une énorme araignée noire (mais heureusement pas de serpent corail ni de jaguar…), et la forêt qui nous paraît de plus en plus hostile.

Nous décidons de faire demi-tour avant de nous égarer complètement et au bout d’une heure revenons à notre point de départ. Finalement on nous déniche un plan et nous voilà repartis. A la Stèle 14, nous trouvons le chemin nous menant au temple circulaire qui servait de plate-forme astronomique.

Nous tentons de trouver le grupo D mais après avoir bien transpiré sur un sentier devenu très accidenté, ne sous sentant pas l’étoffe d’Indiana Jones, nous renonçons et retrouvons notre chauffeur: il semble qu’on était déjà vainement parti à notre recherche…!

Un bac nous permet de franchir le rio Pasion

et nous arrivons à notre hôtel de Flores à la nuit. Autrefois Tayasal, c’était un important centre cérémoniel maya détruit par les Espagnols. Du lac Peten Itza, depuis la terrasse de notre restaurant, nous ne voyons que des lumières qui se reflètent dans l’eau.

A bientôt. Bise.

Semuc Champey

Aujourd’hui, nous allons à la piscine. Oui, mais pas n’importe quelle piscine : elle a été déclarée monument naturel en 1999. La route domine mais les lointains restent embrumés.

Nous abandonnons Manuel et une bonne route goudronnée pour Carlos et 1h45 de piste cahotante et accidentée en pick up. Dès qu’on sort des axes principaux de circulation, les pistes qui mènent aux villages sont vraiment difficilement carrossables. Par contre des écoles existent partout, qui permettent la scolarisation des enfants.

Une vieille église de 1545:

Des plantation de pins encore récentes, quelques champs de maïs, des caféiers, des bananiers, des cardamoniers et quelques cacaoyers. La cardamone, qui est exportée à prix d’or en particulier vers les Etats-Unis, fait fréquemment l’objet de vols.

Voici enfin la rivière:

Le pont qui la traverse est fermé pour travaux (planches disjointes et trous). Nous finissons à pied jusqu’à l’entrée du site. Un chemin aménagé pénètre dans la forêt tropicale

mais malheureusement l’accès au mirador, qui offre un vue sur l’ensemble des bassins successifs, est fermé pour travaux, et il s’avère aussi que notre parcours est limité aux premiers bassins, d’une belle couleur verte. Nous ne sommes pas tentés de suivre l’exemple des nombreux baigneurs qui profitent de la pureté de cette eau : elle nous paraît froide et nous craignons d’être tentants pour les éventuels moustiques.

Sur la route du retour, nous croisons des enfants portant de lourdes charges de bois sur leur dos. A Coban, ville qui ne présente pas vraiment d’intérêt particulier, nous prenons la rue de notre hôtel pour nous rendre sur la place principale.

Vous noterez déjà le grand sapin de Noël sur la place. En fait dès la fin de la semaine de la fête des morts, sapins de Noël, cadeaux, guirlandes ont commencé à être installés. Manuel nous explique qu’au Guatemala on enchaîne les fêtes sans temps morts : il faut toujours de la joie.

Bise.

En quête du quetzal

Après les embouteillages de Ciudad Guatemala (la capitale compte environ 2450000 habitants, l’agglomération environ le double), la route serpente dans la sierra de las Minas. Le ciel est bas puis se dégage un peu, mais les paysages restent embrumés.

 

Nous entrons dans la province du Verapaz, région qui était occupée par les Kekchis que les Espagnols n’arrivèrent pas à vaincre, mais que les dominicains pacifièrent et évangélisèrent. Notre principale destination aujourd’hui est la Reserva Natural Ranchitos del Quetzal, où nous espérons voir l’oiseau-roi des Mayas, l’oiseau national figurant sur les armoiries du Guatemala et qui a donné son nom à la monnaie du pays : le quetzal. Il a presque disparu des forêts du Guatemala mais apprécie de trouver dans cette réserve ses mets préférés. Il va dans la montagne à partir de décembre où il nidifie. Il se nourrit surtout de fruits, en particulier d’avocats, mais aussi d’insectes et de lézards. Il boit l’eau retenue par des broméliacées. La femelle pond 2 oeufs par an. Ses prédateurs sont les rapaces et les écureuils, le toucan mange ses oeufs. Il recherche des arbres de 25, 40, voire 60 mètres et est relativement discret quand il est déjà en couple, ce qui ne facilite pas son observation. Après être passés par la serre à orchidées,

nous pénétrons dans la forêt nuageuse de Baja Verapaz, forêt tropicale humide et dense… et, le croirez-vous? pour une fois nous avons de la chance et peut-être surtout un bon guide. C’est d’abord la femelle que nous entrapercevons entre des branches hautes : ailes vertes, ventre marron-gris et bas-ventre rouge, queue relativement courte, rayée de blanc et noir. 

D’immenses nopals, des guarumos, des broméliacées, des fougères arborescentes, des sources, des cascades, des écureuils, le trou d’un botex (grand serpent vert de 1 mètre 1/2, mais qu’on ne peut rencontrer dans le sentier que la nuit), des champignons la plupart non comestibles, un mille-pattes venimeux, un nid de colibris, d’autres dans des troncs d’arbres, un cardamonier, des avocatiers, une palombe qui s’envole avant la prise de photo,

mais aussi un toucan…

et enfin le quetzal mâle (« macho »), au dos et aux ailes d’un bleu-vert intense, au ventre rouge, et à la queue interminable (les rectrices peuvent mesurer jusqu’à 60 cm). Les souverains et les grands prêtres mayas en paraient leurs vêtements d’apparat.

La finca Aurora s’étend sur 120 ha environ dont 23 consacrés exclusivement à la culture du café. Fondée par un Allemand puis rachetée par des Italiens, elle cultive de l’arabica.

 

La récolte s’effectue dès que les cerises du caféier deviennent rouges, entre décembre et avril (6 à 8 mois après la floraison). Les noyaux sont entourés d’une partie charnue dont il faut se débarrasser. Les fruits sont ensuite triés en fonction de leur densité de façon à éliminer les plus légers. Ils sont mis à sécher en chauffant avec du bois ou dans des claies sous serre. Il faut encore éliminer la parche (petite peau qui les entoure) et les trier afin d’éliminer les impuretés. La torréfaction (entre 180 et 220°, les grains étant mis en mouvement, puis refroidis dans la foulée) va permettre de développer arômes et saveur. Et enfin la mouture, dont la finesse va également influer sur le degré d’amertume.

La finca s’est bien modernisée depuis une dizaine d’années. Elle emploie 8 à 12 personnes. Elles exporte une grande partie de sa production en particulier vers le Japon.

Verdict d’Antoine après dégustation: « C’est autre chose que le café américain qu’on nous sert le matin! »

A bientôt. Bise.

Antigua

Aujourd’hui nos voeux ont été exaucés : soleil magnifique à Antigua, fondée par les Espagnols en 1543, ancienne capitale du royaume du Guatémala, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette ville à taille humaine a un grande harmonie : rues en damier aux pavés irréguliers, bordées de maisons aux couleurs vives, de demeures coloniales aux patios à colonnes, et révélant au sud le cône majestueux et parfait du volcan Agua, ainsi que, plus à l’ouest, le Fuego accolé à l’Acatenango. Le volcan Agua, 3760 m, dont l’âge est estimé à 80000 ans, né de la subduction de la plaque de Cocos sous la plaque nord-américaine, sommeille depuis longtemps. Le Fuego, 3763 m, est l’un des volcans les plus actifs d’Amérique Centrale : il est entré 5 fois en éruption en 2018. Il émet de temps à autre une fumée noire. La dernière éruption de l’Acatenango, 3976 m, remonte à décembre 1972.

Le couvent Santa Clara, fondé en 1699 par des religieuses originaires du Mexique, a été détruit à plusieurs reprises par des séismes. Il n’en reste que des ruines : belle façade de l’église baroque, cloître… Il accueillait 46 religieuses issues de familles aisées, qui avaient chacune leurs servantes.

En face, un lavoir du XVIIIème siècle, encore utilisé.

A proximité, l’iglesia San Francisco, de style baroque espagnol (XVIème siècle)  est l’une des mieux conservées de la ville. Un tombeau a été érigé pour Pedro de San José de Béthencourt, prêtre franciscain érigé au rang de saint, qui a en particulier oeuvré à Antigua pour les plus démunis.

Le Parque Central, belle place ombragée conçue en 1543 par un architecte italien, rassemble les gens autour de sa fontaine dont l’eau jaillit des seins de ses sirènes.

A son aspect sud, le palais de la capitainerie générale, construit en 1549-1558 mais maintes fois détruit par des séismes, autrefois siège du gouvernement de toute l’Amérique Centrale, maintenant occupé par la préfecture et l’Hôtel de Police.

Côté est, la cathédrale, restaurée à de nombreuses reprises, mais dont les séismes ont eu finalement raison : persiste une façade baroque… et des ruines.

Côté nord, le Palacio del Ayuntamiento (hôtel de ville) est le seul édifice d »Antigua à avoir résisté aux tremblements de terre. De son balcon au premier étage, on découvre une vue magnifique sur la place et les volcans.

Notre petit circuit nous emmène devant la façade imposante de l’église del Carmen,

puis au Convento de las Capucinas (1730). Les nonnes capucines ne devaient pas payer de dot, mais abandonnaient tout bien, s’isolaient définitivement du monde et disposaient d’une petite cellule très spartiate (les cellules sont disposées autour d’un patio circulaire). Le bâtiment est occupé par le Conseil national pour la protection d’Antigua.

Nous rejoignons ensuite l’église de la Merced (XVIème) détruite puis restaurée, avec sa façade du XIXème au décor de stuc.

Nous avons seulement pu accéder aux ruines du monastère : grande fontaine de 27 mètres de diamètre dans le cloître et surtout, depuis le toit, belle vue sur les volcans.

Encore des ruines, qui contribuent toutefois au charme de cette ville tranquille:

Convento San Jeronimo
Convento de la Recoleccion (1717)
Colegio de la Compania de Jesus (1582)
Iglesia San Agustin
Maison natale du poète Rafael Landivar

A proximité du marché:

Dans le Cementerio San Lazaro, de superbes mausolées tout blancs et une petite église baroque:

La journée se termine. Les vendeuses de la plaza Mayor rentrent avec leur tabouret et leurs marchandises sur la tête.

Bise