Nous sommes revenus dans le Chiapas, à guère plus de 200 km de San Cristobal de las Casas où nous nous trouvions les 12 et 13 novembre. Cette région est peuplée de nombreuses communautés indigènes (Tzotziles, Tzeltales, Chols et Zoques). La route sinueuse vers le sud que nous empruntons aujourd’hui dans la montagne pour nous rendre à Tonina est peu sûre : barrages fréquents des populations manifestant contre le gouvernement (parfois sur plusieurs jours comme ce fut le cas début 2018 mais heureusement pas hier pour Noe) et bandits de grands chemins arrêtant cars ou voitures. Les cars qui circulent tôt le matin sont escortés par la police. Noe, qui est né dans cette région où vit sa mère, nous dit que nous devons tracer… Ici 9 % de la population parle différents dialectes mayas. Depuis les accords de San Andrès en 1996, le calme n’est pas revenu entre les forces gouvernementales et l’EZLN (Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional). Seuls quelques villages sont en rupture avec l’état et sont autogérés par l’EZLN, mais les zapatistes n’ont pas obtenu l’autonomie revendiquée. L’église n’a pas non plus pu jouer ici son rôle d’évangélisation. C’est le chaman et le conseil des anciens qui ont un grand rôle dans l’organisation sociale des ces communautés. Les maisons des villages que nous traversons sont très petites, en moellons, quelquefois en bois, avec des toits de tôle. Les 3/4 des habitants du Chiapas sont considérés comme pauvres ou très pauvres, vivotant d’une agriculture de subsistance, de petits boulots dans les plantations de café ou de cannes à sucre ou bien récupérant le chicle. Malnutrition et illettrisme sévissent. Des slogans sont tagués sur des murs bordant la route.
Tonina nous a séduits : peu de touristes dans cette région un peu reculée et surtout particularité de ce site tout en verticalité, dans un bel environnement de collines et de prés. Le peuple guerrier de Tonina était en rivalité avec Palenque et n’hésitait pas à enlever, rançonner et décapiter les dignitaires des peuples voisins. Elle connue son apogée entre 600 et 900, époque où y vivaient environ 3000 personnes.

Après l’inévitable jeu de pelote, depuis la plaza, le centre cérémoniel, dont n’apparaît pourtant que la partie centrale, est imposant, avec ses sept niveaux.

Cette fois, nous avons prévu la frontale pour parcourir le labyrinthe du Palacio del Inframundo.

Au-dessus, le Palacio de Kukulkan regroupait le quartier des notables, des bâtiments administratifs, et des magasins et le lieu des captifs célestes dans l’attente de leur sacrifice. On y trouve quelques bas-reliefs.

Les banos mayas :

Dans le Palacio Celestial, le Mural de las Cuatro Eras représente des scènes plutôt effrayantes.

L’Altar del Monstruo de la Tierra:

Ensuite, il faut s’armer de courage pour monter jusqu’au sommet du Templo del Espejo Humeante, que nous montons, fous que nous sommes, du côté le plus pentu où les marches sont particulièrement étroites. En arrivant en haut (à 4 pattes), je me demande comment on va pourvoir redescendre quand Antoine m’annonce qu’en fait sur l’autre face, les marches sont plus larges et qu’on peut faire plus facilement des paliers. C’est par là effectivement que montent les personnes sensées…

Au retour, arrêt fraîcheur à Aqua Azul avec une succession de chutes et de bassins d’eau claire.




Nous avons droit à une petite soirée folklorique à l’hôtel.

Bise.