Sur le rio Usumacinta

Lever à 3 heures du matin pour un départ à 4 en vue d’arriver tôt au rio Usumacinta qui marque la frontière avec le Mexique.

Après 1h30 de route asphaltée et 2h30 de piste, Manuel stoppe devant un bâtiment totalement isolé : c’est la douane guatémaltèque. Un petit coup de tampon et peu après nous nous arrêtons à côté d’une maison au-dessus du rio. Apparemment, nous sommes en avance (8 heures) et nous en profitons pour prendre le petit déjeuner remis par notre hôtel de Flores. Il semble que Noe, notre nouveau chauffeur au Mexique, devrait arriver à Corrozal, village côté mexicain, à 9 heures (ou 10 ?). Manuel ne parvient pas à le joindre. Il nous propose de prendre la lancha et d’attendre Noe à Corrozal. Prudents, nous préférerions être sûrs qu’il nous attende et décidons de patienter avant d’embarquer. De l’autre côté du rio, rien que la forêt. Corrozal est plus en aval.

Bon, toujours aucune nouvelle de Noe. Nous finissons par accepter de partir avec l’assurance de Manuel que le capitaine de la lancha nous accompagnera jusqu’à l’arrivée de Noe.

Je ne suis qu’à moitié rassurée. La lancha louvoie quelquefois assez brusquement entre des zones de turbulences, de bas-fond ou de rochers. Et Antoine de dire: « Là je crois qu’on va aborder des rapides…! » Il exagère vraiment un peu. Nous accostons au bout de 20-25 minutes qui, je l’avoue, m’ont parues longues. Nous grimpons sur la rive, Antoine brandit son patronyme, mais pas de Noe. Craignant de le manquer nous attendons patiemment mais aussi anxieusement pendant 1 heure avant de nous décider à aller au bureau de l’immigration. Problème : la préposée nous explique qu’elle ne peut percevoir la taxe due en cas de séjour de plus de 7 jours. Ce sera peut-être possible à Cancun mais il faut compter 2 heures en plus des 2 ou 3 heures pour le check-in. Or nous partons le matin de Tulum et notre vol est à 10 heures… Nous sommes perplexes et décidons qu’il vaudra mieux revenir avec Noe. Nouvelle attente toujours avec notre capitaine, quand une femme vient nous dire que Noe est bloqué par un barrage sur la route. Nous devons porter nos bagages dans un hôtel tout proche d’où partent les lanchas pour Yaxchilan, dont la visite est effectivement programmée ce jour.

Donc, sans être en règle avec les autorités mexicaines, nous descendons le fleuve pendant une quarantaine de minutes.

L’ancienne Pa’chan est perdue dans la jungle et un peu à l’écart du tourisme de masse. Elle n’était qu’une cité mineure lorsque le fondateur d’une longue dynastie vint au pouvoir en 320. Il semble qu’elle ait été en conflit avec Piedras Negras, avec Tikal et surtout avec Palenque. Elle atteignit son apogée aux VIIème et VIIIème siècles avec Bouclier-Jaguar et Oiseau-Jaguar. Elle est surtout connue pour son grand nombre de sculptures et d’inscriptions (stèles, bas-reliefs, linteaux…).

Nous regrettons de ne pas avoir pris notre frontale pour traverser le labyrinthe de l’édifice 19 qui, sortant de l’Inframonde, nous donne accès à la Gran Plaza, près du fleuve. 

Quelque édifices porteurs de linteaux sculptés (peu visibles…):

Le traditionnel jeu de pelote:

Sur la stèle 1, il faut beaucoup d’imagination pour parvenir à voir Oiseau-Jaguar en train de s’autosacrifier en se perçant les mains avec des arêtes de raie!

La Gran Acropolis est à flanc de colline.

La stèle 11 montre la transmission de pouvoir entre Bouclier-Jaguar I et Oiseau-Jaguar IV:

Les édifices 21, 73, et 89 conservent des fresques.

L’escalier de la Gran Acropolis nous permet d’accéder à l’édifice 33, le mieux conservé de ce site:

Il conserve des bas-reliefs représentant des scènes de jeu de pelote, et à l’intérieur une statut d’Oiseau-Jaguar décapitée ainsi que sa tête au sol qu’il ne faut surtout pas remettre en place car les jaguars viendraient sur terre dévorer tous les vivants.

Les templos del Sur:

Par un sentier accidenté, on accède à la Pequena Acropolis:

Cette balade nous a fait oublier nos préoccupations,

et, à notre retour, nous retrouvons nos bagages et Noe. Il nous accompagne à l’immigration et nous repartons avec nos passeports tamponnés et notre document à rendre à la sortie du territoire. La nuit tombe quand nous arrivons à Palenque.

Bise.

Laisser un commentaire