Les marinas de Rio Dulce abritent de nombreux bateaux, en particulier pendant la période cyclonique car la région est protégée des vents violents par les montagnes alentour. Nous descendons le Rio Dulce, d’abord dans El Golfete où il s’épanouit sur une grande largeur, puis dans une partie plus rétrécie où il paresse à travers une végétation luxuriante en direction de la mer des Caraïbes.


Notre lancha fait une première escale là où un chemin souvent glissant permet d’accéder en 45 minutes à la Cuerva del Tigre, perdue dans la jungle. Prendre un bain au fond de cette grotte sombre ne nous séduit pas vraiment…

En ce lieu sacré pour les indigènes, nous bénéficions, moyennant une petite offrande, d’une cérémonie religieuse avec invocation de la Madre Tierra et rejet des mauvais esprits de notre corps avec un rameau.

Sur notre chemin, une seule maison isolée, bénéficiant toutefois d’une conduite d’eau « potable » et de panneaux solaires. Je n’ai pas le temps de photographier un superbe papillon bleu dont les ailes brillent au soleil. L’association Ak’Tenamit forme des étudiants indigènes de façon à leur permettre d’acquérir un métier, tout en respectant leur identité culturelle, et à éviter ainsi la déforestation.

Dépassant l’embouchure vers le nord, nous croisons San Isidro où se perchent les oiseaux (on le fête mi-mai à Livingstones)

et stopppons à Siete Altares, qui signifie « Sept Autels ». Nous sommes ici en pays Garifuna, peuplé majoritairement de Noirs issus des esclaves importés d’Afrique par les Espagnols et les Anglais qui s’étaient échappés et se sont métissés avec des Amerindiens sur l’île de Saint-Vincent. Finalement soumis par les Anglais, ils furent déportés plusieurs fois : en Jamaïque, puis sur l’île de Roatan, et enfin ils peuplèrent pulsieurs points le long de la côte caribéenne. Ce lieu est sacré pour eux depuis qu’un vierge leur serait apparue. Sept bassins se succèdent, les cascades n’étant toutefois pas très impressionnante car nous sommes maintenant en saison sèche.

Livingstones n’est accessible que par bateau, les habitants ayant refusé que l’on aménage une route. Donc pas de car de touristes. Le village est calme et semble vivre au ralenti, même à la banque devant laquelle s’étire une longue file. On nous fait signe d’entrer devant la queue. Dans le sas, des panneaux d’interdiction : pas d’armes, pas de photos, pas de cigarettes. Un policier nous questionne et nous laisse passer. De nombreuses personnes attendent sur des chaises devant 4 guichets et seulement 2 employées. Nous sommes dirigés vers un autre guichet où nous sortons passeport et dollars (les euros n’étant pas toujours acceptés). Inspection, réinspection et recontrôle de nos dollars. Un de nos billets de 100 dollars est refusé. Nous remplaçons les dollars par des euros qui semblent acceptés. Mais nous devons faire contrôler nos passeports aux autres guichets. Vu l’immobilisme, nous ne serons pas à l’heure au port… Une autre préposée arrive et nous fait signe : long contrôle informatique du passeport et de nouveau au moins huit contrôles de nos billets avec froissement, gommage, étude de transparence, revérification visuelle recto verso de chacun… Ouf! ils ont réussi l’examen de passage et nous retournons en caisse pour le change : nouveaux contrôles… mais enfin çà y est, on nous délivre des quetzals, que nous empochons sans contrôle!

Un peu d’animation au port, où l’on parle garifuna, mélange de créole, d’anglais, de kekchi et de français, mais dont nous ne comprenons rien.

Nous repartons en passant par un autre bras du fleuve plus encaissé, par la mangrove et par de superbes nénuphars. Une multitude d’oiseaux nichent sur l’Ile aux Oiseaux qui porte bien son nom.


Le pont de Rio Dulce est conçu pour permettre aux voiliers de passer.

Le fort de San Felipe a été construit au XVIIème siècle à l’entrée du Lac d’Izabal afin de protéger la population des pirates venus de la mer des Caraïbes.

A bientôt, si la connexion internet le permet… Bise.