En quête du quetzal

Après les embouteillages de Ciudad Guatemala (la capitale compte environ 2450000 habitants, l’agglomération environ le double), la route serpente dans la sierra de las Minas. Le ciel est bas puis se dégage un peu, mais les paysages restent embrumés.

 

Nous entrons dans la province du Verapaz, région qui était occupée par les Kekchis que les Espagnols n’arrivèrent pas à vaincre, mais que les dominicains pacifièrent et évangélisèrent. Notre principale destination aujourd’hui est la Reserva Natural Ranchitos del Quetzal, où nous espérons voir l’oiseau-roi des Mayas, l’oiseau national figurant sur les armoiries du Guatemala et qui a donné son nom à la monnaie du pays : le quetzal. Il a presque disparu des forêts du Guatemala mais apprécie de trouver dans cette réserve ses mets préférés. Il va dans la montagne à partir de décembre où il nidifie. Il se nourrit surtout de fruits, en particulier d’avocats, mais aussi d’insectes et de lézards. Il boit l’eau retenue par des broméliacées. La femelle pond 2 oeufs par an. Ses prédateurs sont les rapaces et les écureuils, le toucan mange ses oeufs. Il recherche des arbres de 25, 40, voire 60 mètres et est relativement discret quand il est déjà en couple, ce qui ne facilite pas son observation. Après être passés par la serre à orchidées,

nous pénétrons dans la forêt nuageuse de Baja Verapaz, forêt tropicale humide et dense… et, le croirez-vous? pour une fois nous avons de la chance et peut-être surtout un bon guide. C’est d’abord la femelle que nous entrapercevons entre des branches hautes : ailes vertes, ventre marron-gris et bas-ventre rouge, queue relativement courte, rayée de blanc et noir. 

D’immenses nopals, des guarumos, des broméliacées, des fougères arborescentes, des sources, des cascades, des écureuils, le trou d’un botex (grand serpent vert de 1 mètre 1/2, mais qu’on ne peut rencontrer dans le sentier que la nuit), des champignons la plupart non comestibles, un mille-pattes venimeux, un nid de colibris, d’autres dans des troncs d’arbres, un cardamonier, des avocatiers, une palombe qui s’envole avant la prise de photo,

mais aussi un toucan…

et enfin le quetzal mâle (« macho »), au dos et aux ailes d’un bleu-vert intense, au ventre rouge, et à la queue interminable (les rectrices peuvent mesurer jusqu’à 60 cm). Les souverains et les grands prêtres mayas en paraient leurs vêtements d’apparat.

La finca Aurora s’étend sur 120 ha environ dont 23 consacrés exclusivement à la culture du café. Fondée par un Allemand puis rachetée par des Italiens, elle cultive de l’arabica.

 

La récolte s’effectue dès que les cerises du caféier deviennent rouges, entre décembre et avril (6 à 8 mois après la floraison). Les noyaux sont entourés d’une partie charnue dont il faut se débarrasser. Les fruits sont ensuite triés en fonction de leur densité de façon à éliminer les plus légers. Ils sont mis à sécher en chauffant avec du bois ou dans des claies sous serre. Il faut encore éliminer la parche (petite peau qui les entoure) et les trier afin d’éliminer les impuretés. La torréfaction (entre 180 et 220°, les grains étant mis en mouvement, puis refroidis dans la foulée) va permettre de développer arômes et saveur. Et enfin la mouture, dont la finesse va également influer sur le degré d’amertume.

La finca s’est bien modernisée depuis une dizaine d’années. Elle emploie 8 à 12 personnes. Elles exporte une grande partie de sa production en particulier vers le Japon.

Verdict d’Antoine après dégustation: « C’est autre chose que le café américain qu’on nous sert le matin! »

A bientôt. Bise.

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